Patrick BENSABAT, le 02 Juillet 2010,
Le discours du Président Directeur Général de Business & Decision,
et gérant d'Eolas
 | Monsieur le député maire,
Madame la députée, première vice présidente de Grenoble Alpes Métropole
Mesdames et Messieurs élus, universitaires, Directeur d’entreprise et d’administrations
Chers collègues de Business & Decision Eolas, cher Frédéric, cher Gérald,
Je prends toujours plaisir à venir à Grenoble, et ce depuis maintenant plus de dix ans, date à laquelle j’étais venu pour lancer l’intégration des équipes d’Eolas au groupe Business & Decision.
Cette équipe a toujours joué un rôle important dans le développement de Business & Decision. Elle a été notre fer de lance sur Internet et nous a permis de développer l’activité de Data Center qui nous intéresse aujourd’hui. Cette activité prend de plus en plus d’importance pour l’activité de notre groupe, mais aussi de notre secteur d’activité, et même de notre économie au sens large. Je vous propose de nous y intéresser de plus près. |
Un nouveau modèle économique est en train de s’imposer. Il consiste à faire payer un service (transport, chauffage, éducation, culture, etc.) ou l’usage d’un bien plutôt que ce bien lui-même.
Ce modèle concerne tous les secteurs d’activité. Un constructeur automobile ou aéronautique proposera des heures de conduite ou de vol ; un fournisseur de produits high tech cherchera à monétiser le contenu ou les applications qui fonctionnent sur son équipement plutôt que l’équipement lui-même, etc.
Dans notre secteur d’activité qui adore les anglicismes, voire le jargon, ce modèle s’appelle le cloud computing ou le software as a service. En clair, pour notre société, dont le métier est de développer des projets et programmes informatiques à façon adaptés aux besoins de chaque client, ceci signifie que nous devons libérer nos clients de toutes les contraintes d’infrastructures. D’où l’importance de ce data center qui nous permet d’y parvenir de manière particulièrement compétitive.
Certains disent que notre secteur vit avec le cloud computing la même révolution que celle qui a provoqué la révolution industrielle consécutive à l’arrivée des premières centrales électriques. L’avenir nous le dira, mais nous savons d’ores et déjà que cette informatique dans les nuages est une lame de fond, au moins pour nos métiers.
Le data center est la source d’énergie de cette lame de fond. C’est un sujet que nous avons développé depuis de nombreuses années, d’abord autour d’Internet sous l’impulsion de nos équipes grenobloises qui ont bâti de toutes pièces nos premiers data centers. Puis ces data centers nous ont permis de proposer un service clé en main sur l’ensemble de nos expertises. Nous avons aussi crée d’autres Data Center, aux Etats Unis notamment, avec un centre très spécialisé sur l’hébergement d’applications de gestion critiques et fortement réglementées pour l’industrie pharmaceutique.
En quoi cette lame de fond intéresse les secteurs d’activité autres que le nôtre ? L’informatique est la source d’énergie de l’économie de fonctionnalités, quel que soit le secteur. L’assureur Solly Azar met des capteurs et des GPS dans les voitures qu’il assure sur le modèle « pay per drive » pour savoir quand la voiture a été utilisée, pour quel kilométrage, etc. Poweo a besoin d’un boitier et de systèmes perfectionnés de business intelligence pour mesurer la consommation électrique de ses abonnés et mettre à leur disposition des applications de « business intelligence » pour consommer de manière plus économique éco-responsable. Nike et Apple mettent des capteurs dans les chaussures de sports pour permettre aux coureurs du dimanche d’analyser leurs performances sportives, etc.
Pour gérer tout cela, il faut des millions de capteurs connectés en réseau (on parle d’internet des objets), des milliers de serveurs, des Peta octets de données, etc. Les data centers ont du travail en perspective.
Pour une fois, la France est plutôt bien placée pour produire de manière autonome cette nouvelle source d’énergie dont ce modèle économique a besoin. Je me réjouis du reste de voir qu’entreprises high tech et représentants du secteur public soient réunis ensemble aujourd’hui, conscients des enjeux. La France a souvent été en retard sur les pionniers en matière d’informatique, mais cette fois, nous n’avons pas raté le départ de la course, reste toutefois à se placer en tête.
Le dernier point que je voulais évoquer et la dimension éco-responsable de ce data center. Pourquoi avons-nous fait ce choix ? Par opposition aux principes traditionnels qui visent à pousser à la consommation et au renouvellement perpétuels des produits, l’économie de fonctionnalités oblige celui qui produit le service à prendre en charge les frais de fonctionnement. Il a alors tout intérêt à produire des objets solides, durables, recyclés ou recyclables et sûrs. Quand le service implique une grande consommation d'énergie, ce qui est le cas d’un data center, le prestataire de service a également un intérêt financier à faire « la chasse au gaspi », à utiliser des énergies renouvelables...
L’économie de fonctionnalité fait d’ailleurs partie des thèmes du Grenelle de l’environnement (chantier 31) et de l’agenda 21.
Voilà pourquoi notre pari a été de mettre l’éco-efficience au centre de ce projet de data center. La bonne nouvelle est que ce pari nous a permis de nous entourer de personnes créatives, passionnées, et ainsi de faire de ce data center non pas seulement un projet modèle en terme d’ éco-efficience, mais aussi un vivier d’innovation et une aventure humaine. Et ce projet nous a permis de renforcer nos partenariats historiques et d’en initier de nouveaux, comme avec GDFsuez par exemple.
Merci à vous tous de l’avoir rendu possible !
Lire le discours de Gérald Dulac, Fondateur d'Eolas et directeur de projet Green Data Center
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